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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 19:11

Il suffit d'écouter non sans agacement la gouaille, agressive, de Mélanchon et observer avec effarement, sinon l'extase du moins l'admiration qu'il suscite pour comprendre que la politique en France reste une indécrottable poignarde au sens maurassien de ce besoin incompressible et bien patriarcal de l'homme à poigne.

Mélanchon ou le néo sans-culotte qui fait frémir (donc jouir) les salons où l'on (se) cause, tout en se pâmant (miroir miroir ! aux mille micros sans tain) à l'idée qu'au delà de "30 000 euros par mois", le commissaire citoyen Mélanchon viendra couper les bourses qui dépassent, soit pas grand monde à vrai dire, mais chut ! peu importe puisqu'il a été décrété que la richesse viendrait,     principalement, de la spoliation des plus pauvres (AMA' : remember !).

La Chine, l'Inde, le Brésil, les pays africains..., y ont cru pendant des dizaines d'années avant d'admettre que la richesse vient surtout de la capacité à créer une offre suffisamment crédible pour susciter une demande. La question des bas salaires joue bien sûr, mais ils sont en tout cas bien supérieurs à ceux du temps du communisme, même défalqués des "avantages en nature" comme le micro appartement gratuit (mais partagé obligatoirement) et les diverses vitrines indispensables pour prouver la supériorité du régime (soins gratuits, électricité, transports) ; sauf que les besoins ne sont pas tous artificiels en ce sens que l'humain ne vit pas que de pain, surtout sec, il a besoin d'entreprendre et de s'y comprendre. A moins, déjà, de considérer que le confort, et, pour certains qui le peuvent, ce raffinement que les chinois viennent aujourd'hui admirer, à la suite de leurs toujours concurrents voire ennemis japonais, sont choses réactionnaires.  Certes, certains abusent. Mais les nouveaux commissaires, les mêmes qui tentent de régler les différents intellectuels à coup de pétition, jugeront que ce problème pourtant permanent de la cupidité, du toujours plus, de cette lutte éternelle entre les strates, entre la plèbe et l'oligarchie, peut être résolu et ce "définitivement" en tuant Crésus, en distribuant tout le poisson, alors qu'il s'agirait d'apprendre surtout à pécher. D'investir, de placer, de considérer que l'on pourrait payer bien moins cher sa protection sociale, qu'avec 100 euros par mois sur 40 ans, 800 000 à 1 million d'euros placés peuvent rapporter 4 à 5000 euros par mois. Et que celles et ceux qui ne peuvent mais, ne doivent pas pour autant empêcher celles et ceux qui en ont la possibilité. Quitte à ce que les moins chanceux ou pourvus ne soient pas non plus abandonnés, ce qui est possible lorsque les fondamentaux sont retrouvés, ce qui permet de dégager du surplus qui peut être en partie investi dans un fonds de solidarité, tout étant défalqué d'un impôt modéré. Voilà d'ailleurs ce que demandent les tea parties : rendez-nous notre pays, arrêtez de nous spolier en notre nom, arrêtez de croire que vous aidez les plus démunis alors que vous les enfoncez encore plus dans la misère en les fixant, en les "essentialisant" dans les mêmes métiers et donc les mêmes conservatismes. Car il ne suffit pas de parler au nom des acquis de 1936 et de 1946, s'il n'est pas aussi perçu que le pouvoir d'achat moyen d'un nord américain ou d'un allemand est toujours encore bien supérieur que la moyenne française. Ce qui implique de ne pas toujours considérer l'entreprise comme l'ennemi en admettant que le patronat n'est pas seulement un interlocuteur mais aussi un partenaire.

Mais cette leçon n'a pas été retenue. Il a suffi d'un retournement de tendance en 2008, et le profit est de nouveau réduit à de la rapine. La volonté de puissance serait uniquement le produit de la propriété privée. Pourtant une élite tyrannique a dominé les pays de l'Est pendant des dizaines d'années, démocratisant seulement la monotonie de la misère pour tous, malgré la chaude ambiance des soirées froides réchauffées à coup de vodka et de chansons conviviales. Cela n'a pas suffi. D'aucuns vantent même ce temps béni et rêvent à la reconstitution du mur de Berlin...

On a en fait régressé en matière d'enseignement économique d'au moins trente ans. Du moins dans les médias et les sciences sociales. D'autant que lorsque la récession s'installe, se raser demain ne sera plus du tout gratis surtout s'il faut nourrir après 2012 l'armée mexicaine des futurs nouveaux fonctionnaires promis au second tour par le candidat socialiste que tous les "experts" voient triompher.

Comment, au fond, peut-on encore écouter de telles inepties alors que la proéminence hypertélique de l'Etat appauvrit la France ? Le RSA certes amadoue, jusqu'au delà des frontières que d'aucuns d'ailleurs aimeraient voir s'effacer au nom de droits humains réduits à des droits physiques, jamais ou si peu à des droits culturels, à commencer par se sentir membres d'une même vision séculaire. Dire par exemple que l'intégration marche aussi bien qu'avant est un mensonge si les enfants se sentent bien moins immergés que les parents du fait d'une culture scissionniste multiforme qui a appris à haïr, qui fabrique en fait une nouvelle ploutocratie dont l'Etat détaché de sa raison finale est devenue la machine de guerre.

Aujourd'hui, la fausse protection sociale hyper onéreuse qui encourage les délocalisations pour de moins en moins de prestations s'articule avec le même mépris permanent envers les métiers manuels, sans oublier l'immense retard et décalage en matière de formation qui explique le chômage des jeunes, ni, enfin, le renforcement de la dictature du faux public sur le vrai privé qui taxe pompe la classe moyenne, qui réduit l'enseignement supérieur aux grandes écoles (elles-mêmes véhiculant de plus en plus une idéologie étatiste) alors que l'Université, malgré les moyens, reste cette gigantesque garderie pour adolescents attardés (fac poubelle, fac parking au dire des gauchistes eux-mêmes).

Comment peut-on s'étonner de cet accroissement de la misère qu'un Mélanchon met sur le dos des "riches" alors que c'est l'oeuvre de la nouvelle ploutocratie étatiste qui cherche à rogner encore plus les bas de laine et les frontières d'un vivre ensemble sommé d'être en plus ouvert à tous vents ?

Comment peut-on ne pas comprendre que la révolte anti-étatiste qui monte n'a rien à voir avec un quelconque hyper conservatisme, même s'il s'agit aussi de se conserver plutôt que se détruire ? Comme le dit l'ex batteuse du fameux     Velvet Underground (1) qui participe aux Tea Parties, ne pas vouloir de l'aventure utopiste d'une instance qui saurait mieux que vous ce qui vous convient ne veut pas dire que vous voudriez régresser vers quelques temps obscurs, c'est plutôt le contraire qui est vrai...

 

(1) : "(...) Actually, Maureen "Moe" Tucker, former drummer of the Velvet Underground, has done the best job ever of explaining where the tea party stands and why it stands there. She also suggests the breadth and variety of the movement. In an interview this week in St. Louis's Riverfront Times, Ms. Tucker said she'd never been particularly political but grew alarmed by the direction the country was taking. In the summer of 2009, she went to a tea-party rally in southern Georgia. A chance man-on-the-street interview became a YouTube sensation. No one on the left could believe this intelligent rally-goer was the former drummer of the 1960s breakthrough band; no one on the left understood that an artist could be a tea partier. Because that's so not cool, and the Velvet Underground was cool.

Ms. Tucker, in the interview, ran through the misconceptions people have about tea partiers: "that they're all racists, they're all religious nuts, they're all uninformed, they're all stupid, they want no taxes at all and no regulations whatsoever." These stereotypes, she observed, are encouraged by Democrats to keep their base "on their side." But she is not a stereotype: "Anyone who thinks I'm crazy about Sarah Palin, Bush, etc., has made quite the presumption. I have voted Democrat all my life, until I started listening to what Obama was promising and started wondering how the hell will this utopian dream be paid for? (...) "


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Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Amour et paix
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