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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 21:58

one.jpgLes jeux sont-ils faits en Egypte ? Pour certains, oui : les démocrates, dispersés, travaillent pour les FM qui les élimineront comme en Iran ; la preuve ? On prie pas mal musulman sur la Place de la Libération, pas de messe à l'horizon en plein air non plus, et pas de femmes au micro, ce qui n'est pas faux, mais que fallait-il faire ? Appeler à l'écrasement comme place Tian'anmen en 1989 ? Il aurait fallu en tuer beaucoup ; l'armée égyptienne n'a pas ce cran qu'ont eu l'armée chinoise et algérienne ; pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être parce que cela ne pouvait plus durer indéfiniment. Depuis le coup de boutoir contre Saddam beaucoup de choses ont changé, n'en déplaisent à nos spécialistes qui ne peuvent pas commencer une réflexion sans attaquer en préalable Bush et les néo-conservateurs ; un Bertrand Badie bien sûr, un Gilles Kepel aussi qui par ailleurs voit une sorte de protestantisme dans la structure de l'islam sunnite alors qu'il ne s'agit, peut-être, pas de cela : la structure c'est le Commandeur, d'ailleurs le raïs égyptien nomme l'imam en chef pas le contraire...

De l'autre côté les plus "ouverts" diront au contraire qu'au fond l'Iran ce n'est pas si mal, et c'est leur culture après tout; et Obama, n'est-ce pas Carter en 1979 ? énonce d'ailleurs le grand savant en relations internationales Bertrand Badie sur France Info, ce qui en effet n'est guère rassurant...

D'autres parlent de cette Place de la Libération comme une "république autonome", ce qui est sympathique, tandis que les plus doctes, qui savent donc déjà tout (l'Egypte n'est pas la Tunisie disaient-ils il y a dix jours) concoctent des scénarios et les "twittent...". Bonne nouvelle : les organisateurs de la marche du 12 février en Algérie n'ont pas l'air de l'avoir annulé malgré les promesses jetées en pâture par l'actuel président. Au Yémen ce n'est pas si mal. En Jordanie, un peu moins, parce que comme d'habitude les dictatures ont massacré les opposants les plus crédibles pour laisser une opposition qui peut plus facilement servir de repoussoir et de bouc émissaire en même temps. De toute façon à l'heure d'Internet où l'on voit les quatre coins du monde décoller les peuples de la région ne pouvaient plus se laisser ainsi vampiriser.

Wait and see donc.

Je ne vois pas quoi dire de plus que dans mes billets précédents sinon suggérer que le processus électoral à venir soit bien encadré, et que les démocrates en effet s'unissent, mais certainement pas derrière le chef de la Ligue Arabe, Amr Moussa, qui est, lui, une véritable menace pour Israël.

Sur Laëticia maintenant, dont j'ai quelque peu retracé le système ou contexte socioculturel (l'héroïne du Dernier Tango à Paris en avait subi les subtilités, sa mort me l'a rappelé) on peut ajouter deux à trois choses sur ce qui a permis un tel dysfonctionnement :

1° ce n'est pas, en premier lieu, un problème de moyens mais de diagnostic puisque la contrainte que l'assassin avait était seulement d'aller voir son conseiller une fois toutes les deux semaines ;  il n'en était qu'à "un" viol et diverses tentatives après tout.... 

2° or, il n'avait pas donné de nouvelles depuis cet automne ; 

3° relevé par Dati sur I télé : le récidiviste sexuel n'a pas obligation de se soigner, c'est là le facteur essentiel semble-t-il ; mais comment l'obliger sinon en l'enfermant ? Ah ! Enfermer, mot maudit pour la gentry foucaldienne ai-je déjà dit, donc l'on revient à la case départ : même s'il y avait des "moyens" à profusion, tout était déjà dit : Tony était libre : libre Tony, comme dans la chanson d'Alain Souchon (il est libre Max).

Quant aux dockers, observez le silence, fait sur fond d'avion-taxi de vingt mn pris en haut lieu, donc 3000 euros pour 14 h par semaine, c'est peanuts ! ne dites pas qu'il s'agit d'une structure mafieuse, leurs mamans les croient dockers qui donc méritent de partir plus tôt encore à la retraite. Ainsi va le monde, alors qu'un Reagan aurait licencié tout le monde.

Un Reagan qui a la côte chez les démocrates américains : Times Magazine lui a fait un hommage appuyé en expliquant que Obama était en train de s'en inspirer. Cela n'arriverait pas en France évidemment où la moindre idée libérale, comme appliquer une directive européenne sur la possibilité de s'assurer autrement qu'à la sécurité sociale est considéré comme "ultra-libéral" par certains députés...centristes... Imaginez les autres plus à gauche...

Bon, je retourne Place de la Libération...

PS: cet article est aussi disponible sur Contrepoints.org

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 08:52

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Prévenons tout de suite : si les jeunes démocrates (majoritaires) sont écrasés par les nervis de Moubarak comme cela est en train de s'amorcer au Caire (on verra mieux vendredi 4 février où en est le rapport de forces) alors oui le système militaro-islamiste au pouvoir (les frères musulmans en sont seulement les concurrents dans une version plus réactionnaire) pourra enfin répondre aux sollicitations occidentales (Israël compris) en remettant de l'ordre; mais ce en allant de plus en plus dans une islamisation des moeurs et des rouages socio-économiques puisque les courants islamistes d'accord pour collaborer lui serviront comme toujours et de plus en plus de gardes chiourmes de la société civile, en attendant la suite et le reste venant du Liban, de la Syrie et de l'Iran.

Quelle suite et quel reste ? Comme l'islam n'est pas une solution démocratique mais une solution guerrière, la suite ne peut être à terme que la reprise en main violente d'une société civile fatiguée par le déluge de haine anti-occidentale et anti-israélienne incapable en plus de leur apporter le confort et la sécurité ; mais comme l'Occident en redemande la seule solution, après l'écrasement de la jeune révolution démocratique, ne pourra être que la radicalisation militariste puisque la solution de l'ouverture démocratique donc économique aura été fermée dans le sang qui commence à couler en abondance dans l'indifférence "indignée" des bien pensants. 

Une solution à la chinoise n'est en effet pas tenable dans une société civile de plus en plus tenue par les nervis du pouvoir et des tendances les plus conservatrices des FM qui en empêchant une libération des moeurs, démocratiques y compris, ne peuvent pas objectivement construire une expansion de la consommation qui a besoin au moins d'une neutralité dans ce domaine : en gros l'islam n'est pas le confucianisme ; d'où l'alliance d'ailleurs en Europe entre altermondialistes prônant la frugalité et islamistes attaquant la société consumériste décadente occidentale avec le soutien implicite des redresseurs de torses (Hulot, Mélenchon, Morin, les divers intégrismes, etc).

Le reste, l'aventure militaire ne sera pas certes à l'ordre du jour tant que le rapport de forces sera encore en faveur d'Israël, mais cela changera avec la nucléarisation prochaine de l'Iran, le basculement du Pakistan selon ce qui se passera en Egypte, l'enlisement en Afghanistan, montrant ainsi que la route du djhadisme est plus glorieuse au bout du compte (et on peut même utiliser internet) que la solution démocrate ; voilà ce qui sera agité au sein des sociétés matées, d'une jeunesse brisée prise en étau entre islamistes fondamentalistes dans l'opposition et islamistes nationalistes au pouvoir (on verra aussi comment cela va se passer en Algérie le 12 février préparé dans un silence assourdissant surtout en France). La relance, programmée, de l'intifada en Palestine et l'éclatement à terme d'une bombe sale en Israël doublé d'une attaque du Hezbollah lorsque l'Iran lui donnera le feu vert ne pourra alors pas laisser indifférent le régime militaro-islamiste égyptien renforcé par l'écrasement de la révolte démocratique, et plus ou moins encouragé par la position compassée des "non donneurs de leçons" de l'Occident, Israël compris. 

"Vous avez choisi le déshonneur par peur de la guerre, vous aurez et le déshonneur et la guerre" disait Churchill...

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:25

one.jpgIl est incroyable d'observer que certains dirigeants comme Benyamin Netanyahou (qui, faute de mieux, aurait dû continuer à rester silencieux) ou encore comme Daniel Pipes, que l'on a connu plus clairvoyant, confondent L'Egypte et l'Iran, et pourquoi pas le Pakistan, même si, pour ce dernier pays, ce n'est pas officiellement énoncé. Or, ce n'est pas parce que l'Iran khomeinyste se réjouit de ce qui se passe que nous assistons sinon au même processus qu'en 1979 du moins à quelque chose de similaire : où est d'ailleurs le Khomeiny égyptien ? Il est plutôt question d'une jeunesse à l'avant garde incarnée par le Mouvement du 6 Avril.

On peut certes gloser sur sa supposée naïveté en montrant plutôt du doigt les Frères Musulmans, (on verra bien qui sera aussi montré du doigt en islamisme lorsque ce sera le tour de l'Algérie...) et ce comme si l'on (marchés financiers, politiciens machiaveliens) espérait presque que les FM soient une réelle alternative afin de mieux légitimer l'idée de la dictature militaire alors que les FM sont divisés, minoritaires, et, surtout, je persiste et signe, ils ne sont pas à la hauteur des foules urbanisées égyptiennes que j'ai vu en 2002, (et ce sont elles qui donnent le là pas les campagnes, surtout en pays dominés par l'arabo-islamisme) ; les foules urbaines (et aujourd'hui de plus en plus techno-urbaines) forment la classe moyenne que d'aucuns d'ailleurs ne voyaient qu'en Tunisie (ou la sociologie spontanée des commentateurs); elles savent bien que l'islam fondamental proposé n'est pas la solution, mais le problème ; alors qu'elles aspirent plutôt à concourir dans le monde néomoderne d'aujourd'hui aux côtés des peuples du monde, aux côtés des Brésiliens, des Indiens, des Africains, à nouveau en marche plutôt que de perdre leur temps dans les utopies d'autrefois maintenus sous poumon idéologique artificiel par la gauche relativiste métamorphosée alter/écolo, elle qui professait autrefois le marxisme léninisme qui a amené l'Afrique et l'Asie à la faillite.

En effet, l'épopée de la Troisième Voie, système auto-centré professé par l'égyptien marxiste Samir Amin (le terme Voie étant repris aujourd'hui par Edgar Morin) a été une complète erreur car elle a étatisé l'économie incapable d'innover, tout en créant une bureaucratie prédatrice corrompue. Le peuple égyptien, et sûrement également le palestinien (mais les voix dissidentes sont écrasées dans un silence général) en ont assez des fausses solutions, ils veulent une paix réelle qui sera bien plus défendue par un système démocratique qu'un régime dictatorial. Que veulent tous ceux qui défendent la dictature ? L'aventure vers la guerre pour la sauver à terme ? Il est décevant de penser que l'on ne se souvienne pas des méfaits d'un Saddam ; il ne semble pas que l'Irak actuel soit une menace pour Israël avec des Kurdes en expansion, et des shiites dans le Sud qui servent plus en fait de tampon contre l'Iran. La démocratie est préférable à la dictature, et si certains s'offusquent de voir des gens prier dans les manifestations alors qu'ils défendent mordicus ce droit dans les rues parisiennes, c'est qu'ils n'ont rien compris à la démocratie, et qu'ils confondent les époques : l'Egypte de 2011 n'est ni l'Iran de 1979 ni l'Allemagne des années 30. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas des tensions voire des affrontements. Et l'armée égyptienne ne semble pas faire ce calcul aventuriste contrairement à ce qu'il semblait, sans doute parce que le processus démocratique n'est pas nécessairement incompatible avec ses intérêts comme il a été vu dans les pays africains et sud américains. Et que l'aventure que lui proposent la Syrie et le Liban sous la férule de l'Iran ne l'emballe pas plus que cela tant elle peut plus perdre que gagner, donnant alors là oui pour le coup une opportunité au nationalisme islamisé.

Il est donc dommage que d'aucuns semblent regretter la férule d'un Mobarak alors que ce n'est que reculer pour mieux sauter. Une Egypte démocratique n'aidera pas nécessairement plus, comme actuellement, les deux tendances palestiniennes à refuser de discuter des solutions politiques sérieuses, elle pourrait même les inciter pour le contraire. En tout cas, il est très présomptueux d'expliquer que l'actuel soutien au processus démocratique équivaut à la cécité qui existait lors la révolution iranienne alors qu'à l'époque un Foucault par exemple soutenait Khomeiny lui-même, pas du tout les forces démocratiques. Ce fut d'ailleurs le déclencheur pour la pensée postmoderne relativiste démonisant l'idée démocratique, l'universalisme, on voit sur quoi cela a abouti : la diabolisation croissante d'Israël, l'alliance généralisée entre l'islam radical et l'ultra gauche qui aujourd'hui a réussi à influencer nombre de cercles politico-médiatiques en France et en Occident en racialisant la critique contre l'islam solution. L'irruption d'un réel processus démocratique en Egypte (et aussi en Algérie) pourrait enrayer cette spirale, pourquoi faire la fine bouche ? Mais la notion d'audace a disparu du vocabulaire depuis longtemps. Et pas seulement en France.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 14:05

one.jpgLorsque le si nuancé Mélenchon martèle sur Europe 1 que lui Président une Jeannette Bougraf qui a appelé au départ de Moubarak aurait été viré dans la seconde, on repère évidemment l'étroitesse d'esprit du personnage, sa tendance tyrannique (lui l'admirateur de Lénine tout de même), mais, surtout, apparaît dans toute son ampleur le malaise que produit de plus en plus le processus de libération des pays dominés par le nationalisme arabe au sein d'une gauche radicale qui n'a eu de cesse de regarder ce nationalisme (déclinant) comme un allié objectif contre le sionisme et l'impérialisme U.S.

Mais Mélenchon, ce Castro en culottes de moins en moins courtes ne fait qu'exprimer tout haut l'incompréhension, totale, de toute l'oligarchie médiatico-politique de gauche et de droite (dont il est devenu le fou officiel) qui avait organisé le monde comme il faut avec en horizon le réchauffement climatique à combattre (à réchauffer aussi d'où la candidature de Hulot qui brûle d'en rajouter sur Mélenchon quant à l'austérité nécessaire, la Voie (sic!) à prendre écrite par le néo-Gourou Edgar Morin) doublé de la promotion soit, d'une part, d'une mondialisation sympa ouverte sans frontières, et d'un islam de paix (même pas peur !) du moins lorsqu'il correspond aux images d'Epinal vendues en vrac dans les émissions du prêt-à-penser (mais en Egypte c'est le mal alors que les Frères Musulmans représentent sa version originale, authentique) ; soit, d'autre part, cette caste nous fait la promotion d'une globalisation féroce qu'il faudrait (que l'on pourrait) combattre en sortant de l'Euro, en étatisant à tout va, avec de la poigne masculine (Mélenchon) ou féminine (Le Pen) ; quant aux peuples, qu'ils se tiennent tranquilles on a la solution : basculez sous la férule des Chavez en préparation pour des aventures où l'on rasera gratis ou alors national-étatiste.

Alors, lorsqu'une Jeannette Bougraf rue dans les brancards en prenant au mot la déclaration des droits de l'Homme c'est évidemment le branlement de combat dans la caste hégémonique des bien pensants, et les chiens de garde tel Mélenchon, (Poniatowski, Lemaire pour Ben Ali) crient "haro !" sus à l'impertinente ! ou crime es-majesté!

Il est incroyable de voir comment l'élite actuelle, jusqu'à ses franges supposées rebelles, réagit en observant que son scénario catastrophe multiforme ne marche pas (ainsi quand vous avez froid, pensez mondial : en moyenne il fait chaud braves gens !). De moins en moins même. Et ils espèrent en sourdine que les islamistes se renforcent en Egypte et ailleurs, pour d'une part cultiver, laisser intact leur vision imaginaire d'un islam chic que seuls quelques extrémistes prétendent flétrir, et surtout pour que soit laissé intact l'image de l'éternelle victime du Tiers Monde que leur philosophie se doit de sauver des griffes de l'américano-sionisme. Si les peuples se mettent à se libérer eux-mêmes, en surmontant leurs divisions internes, cela ne va pas, en particulier en Afrique. Voilà l'enjeu. Et sa nausée. Pendant ce temps l'armée en Egypte se prépare au coup de force contre les manifestants.

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 20:48

img041107-1214.jpgMalgré lesdits consignes de silence qui auraient été données par le Ministre Benjamin Netanyahu il semblerait, selon certains bruits, que plusieurs responsables israéliens se répandent sur les ondes, tel Eli Shaked, pour exprimer non pas bien entendu un soutien pourtant nécessaire à tout progrès démocratique, quelque soit l'endroit où il se situe, non pas leur inquiétude au cas où ce progrès ne s'effectuerait pas dans de bonnes conditions, mais, et ce uniquement, pour exprimer leur désir de voir Moubarak rester au pouvoir ; une position qu'ils partagent d'ailleurs avec le wahhabite en chef saoudien et l'ex-président (car toujours non élu) palestinien Abbas. Ce qui est bien dommage, pour ne pas dire plus...

Car il vaudrait mieux pour Israël qu'un réel processus démocratique se mette en place en Egypte plutôt qu'une perpétuation du régime honni qui a produit la situation actuelle, et, surtout, qui n'a de cesse de caresser officieusement dans le sens du poil les islamistes. Ce régime le fait aussi officiellement : d'une part en s'affirmant comme musulman, ce qui est à l'évidence faux puisqu'il est corrompu, ce qui a alors comme effet de promouvoir une impossible "vraie" version d'un islam imaginaire, y compris dans nos contrées ; d'autre part ce régime roule en réalité pour le wahhabisme en empêchant toute autre force que fantoche d'apparaître, quitte à bourrer effrontément les urnes comme il l'a fait en novembre 2010 sans que personne ne s'en offusque à Paris, Washington, occupées à sermonner la Côte d'Ivoire un mois plus tard.

Jérusalem n'a rien dit non plus. Alors que c'était une formidable opportunité de signifier qu'Israël n'est pas seulement un Etat juif, mais aussi un Etat démocratique ; et c'est bien cela qu'il faudrait mettre de plus en plus en avant, surtout face à ce désir de boycott porté par les faux indignés qui bien entendu se taisent quand Tunisiens et Egyptiens s'indignent eux en vrai, et même en meurent.

Il serait judicieux pour Israël de montrer comment les palestiniens vivant en Israël ont, eux, leurs droits humains respectés, malgré tout, alors qu'ils sont niés, bafoués, dans les pays qui prétendent donner des leçons de civilisation, tel le clown libyen.

Au lieu de cela, au lieu de porter haut et fort cette affirmation démocratique, Israël fait seulement parler la raison d'Etat (qui lui a tant coûté, ne serait-ce qu'en jouant, autrefois, le Hamas contre le Fatah). Israël dans ce cas incarne lui aussi et seulement le cynisme des Etats contre les peuples alors que le sionisme a toujours porté cette fraîcheur révolutionnaire qui faisait bouger les lignes dans les années 20, qui faisait pousser des fleurs dans le désert dans les années 50, ce qui lui a donné d'ailleurs la force de vaincre en 1967.

Il est vraiment dommage que cela soit les khomeynistes iraniens qui soutiennent le peuple égyptien alors qu'ils sont en train de dévorer le Liban, en attendant le plat principal.

Non, Israël n'a pas à être silencieux s'il se prétend une démocratie comme les autres. Alors qu'il doit être un acteur clé dans la région. Il n'y a aucune raison de laisser cet apanage aux USA si loin et empêtré dans des questions domestiques ; ne parlons pas de l'UE, inexistante, ou de la France, qui a rectifié quelque peu le tir avec l'intervention de François Fillon. C'est de plus en plus à Israël de jouer son rôle dans la région, d'autant que la Turquie a montré son vrai visage, en montrant que la démocratie qu'il porte en lui, Israël, est un profond vecteur pacifique de développement comme cela se voit dans ce pays dont les ennemis prétendent qu'il doit tout aux dollars américains ou de la Diaspora et rien à son génie ou si peu.

Qu'il y ait un ton diplomatique spécifique à tenir en de telles circonstances, cela va de soi, mais de là à rester silencieux, surtout de la part d'autres institutions qui n'ont pas à être astreintes à un devoir de réserve (Axel Poniatowski, en France, n'a pas compris le distingo par exemple) c'est un défaut, crucial, d'analyse, du moins si Israël veut être considéré également comme un Etat démocratique qui défend lui aussi l'universel des droits humains dont la liberté sera toujours le souffle (pneuma) au-delà des religions et des races.

  

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 21:31

st-trop-paques-20040050.jpgDepuis les "indépendances", dans les années 50-60, à l'époque du socialisme réel et du tiers mondisme tout puissant ces divers peuples d'Afrique du Nord et du Proche Orient ont cru en leurs dirigeants formés à l'école du communisme et de l'arabisme qui leur disaient que leur version de la modernité était bien supérieure au régime démocratique occidental.

Ce fut l'illusion, jusque dans les années 80 ; ainsi un Yasmina Khadra qui n'a pas de mots assez durs pour l'opposition en Algérie, a encore la nostalgie des années 70 alors que ce fut le pire moment pour ce pays qui subit la tyrannie d'un Boumedienne amenant avec lui l'islamisme pour mieux arabiser une population à qui l'on avait vendu dans les maquis le mythe d'un pays pluriel où même les juifs et les pieds noirs auraient leur place. A cette époque et jusqu'à la révolution khomeyniste en Iran (1979), ces peuples n'ont eu qu'une version édulcorée de la démocratie, ou, plutôt une version en pis du colonialisme d'après seconde guerre mondiale, c'est-à-dire le bourrage des urnes, la ségrégation politique, l'ordre religieux de plus en plus exigeant au fur et à mesure que le pouvoir militaire désormais au pouvoir lui donne des gages pour que les religieux tiennent la société civile pendant que les généraux "apolitiques" s'enrichissent en paix (salam).

Las de ces mensonges et manques certains ont été regardés du côté de l'Iran, du moins secrètement parce que l'on ne pactise pas avec les shiites, et comme le régime communiste semblait encore plus pernicieux que le régime démocratique, les peuples de ces pays se sont dits qu'après tout il fallait aller dans cette direction, d'autant que certains intellectuels de renom (Foucault) disaient que la révolution iranienne était l'avenir en ce qu'elle répondait aux insuffisances sociétales de la société occidentale.

Ce discours a toujours pignon sur rue. Il est fort. Et même se renforce malgré ce qui se passe en Tunisie, en Egypte, parce qu'il est déjà sur sa lancée et que la pente est très abrupte, impossible de freiner, surtout avec le boycott anti-israélien qui aujourd'hui emporte toute raison ; ce qui fait qu'en définitive il y a plus aujourd'hui de sympathisants de la cause islamiste, et palestinienne, en Europe que dans les pays concernés qui eux en ont fait le tour depuis qu'ils se sont aperçus que les islamistes (palestiniens compris) ne valaient guère mieux question libertés et développement.

Les Irakiens ont en fait l'expérience après les Algériens et les Afghans : interdire de jouer aux dominos et de fumer au café, interdire la danse dans les mariages, interdire jusqu'au sport, c'était aller trop loin dans la densification de l'énergie spirituelle qui ne doit être saisie que par et dans le djihad à ériger constamment c'est-à-dire en érection permanente (d'où l'impossibilité qu'il puisse croiser une femme). Aussi, et aussi surprenant soit-il, la version hard de l'islam a plus la côte dans les pays qui ne connaissent pas l'islam au pouvoir, même déformé par la dictature ploutocrate, que dans les pays qui le subissent et qui savent bien, l'exemple de l'Iran ne s'avérant décidément pas probant, que l'islam, même intégral, ne sera pas la solution mais à nouveau le problème. Or, visiblement, ces peuples n'aspirent pas à la guerre, même contre Israël. Ce qui énerve bien par exemple ce clown pour cirque de dernière catégorie qu'est le triste sire Kadhafi qui cherche à faire les yeux doux aux tunisiens après les avoir insultés

Mais regardez ce qui se passe en France. Sont invités dans les médias pour parler de démocratie que des penseurs se prétendant ultra critiques, post démocrates ou voulant transformer la démocratie en communisme intégral. Que peuvent dire un Todd, un Rancière, Stiegler, Debray, un Plenel, un Hessel, eux qui ne font que vomir sur, en, dans, la démocratie en particulier, l'Occident en général, et Israël au singulier ? N'en déplaise à Pierre-Louis Basse d'Europe 1.

Aussi conseillons aux jeunes générations de ces pays de ne pas faire l'erreur de leurs aînés qui ont cru aux âneries de tous ces cerveaux fumeux qui ont formé ceux cités plus haut, fuyez-les, allez voir ailleurs, il existe de vrais penseurs, mais, hélas, ils sont une poignée, de plus en plus âgés, et surtout mis aux oubliettes par la ploutocratie bobo post mao et hyper post moi (le déluge), parce que ces néo-Néron ont un "agenda" : ils veulent juste voir le spectacle de la Révolution comme le disait Rivarol, mais n'importe laquelle, parce que, tel le risque de mort, cela fait monter l'adrélaline,  cette courbe du climat mental qu'ils n'ont pas dans leur herbier d'expériences.

Ne tombez pas dans leur piège. Ils n'ont rien à dire sinon médire et maudire. Puisez votre inspiration ailleurs pour forger votre démocratie.

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Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Amour et paix
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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 19:24

img041107-1214.jpgPresque plus personne ne croit que les événements tunisiens soient l'expression d'une révolution "arabe" au sens nassérien, nationaliste, islamiste, bref, anti-occidental, ce qui fait consensus semble-t-il.

Pourquoi ne pas aller plus loin et arrêter d'avancer les termes "arabe" et "Maghreb" (terme arabe) à tout bout de champ ?

Tunisie "arabe", Algérie "arabe", Egypte "arabe" (ses dirigeants qui voient tout immolé comme un déséquilibré, -un phobique? Même discours que pour les tueurs islamistes, en Algérie aussi d'ailleurs...). Parlerait-on, au jour d'aujourd'hui, d'une France "bourguignonne" ou "parisienne" ? Une Belgique "wallonne" ? Une Espagne "castillane" ? Un Royaume Uni "londonien", Une Allemagne "bavaroise" ? Une Amérique "new yorkaise" ? Non. Plus maintenant en tout cas...

Pourquoi ne pas plutôt parler d'une Afrique du Nord, tout simplement, composée de pays pluriels aspirant à un régime démocratique qui permettrait aux berbérophones, aux arabophones, aux francophones de vivre ensemble ? Puisqu'il ne s'agit pas seulement de problèmes sociaux... Pourquoi continuer à propager l'idée que ces pays sont forgés dans une identité unique que d'aucuns s'empressent de nier en Occident, mettant en cause la notion même ? Décidément la "révolution" tunisienne ne fait que commencer...

Il est curieux que la pluralité soit réservée aux pays occidentaux, et souvent à leur détriment au sens d'être pensée uniquement sous le joug du multiple sans centre, imposé sous peine d'être accusé de racisme, ou de ne pas comprendre que l'Europe aurait besoin obligatoirement de bras et d'enfants étrangers supplémentaires en permanence, ce qui n'est pas sûr, surtout lorsqu'ils veulent vivre uniquement dans leurs codes et, pis, sous l'injonction de nos belles âmes qui les incitent à le faire puisque leurs codes se trouvent parés de félicité et les nôtres de tous les maux.

Les termes "multipolaire, multiculturalisme, diversité" sont ainsi assénés comme des impératifs catégoriques qui s'arrêtent cependant à la porte du mot "arabe", comme ils s'arrêtent encore (quoique un peu moins depuis les événements en Tunisie) à la porte "islam" malgré les injonctions pérorantes d'un Ben Laden (qui a aussi de plus en plus d'émules en Russie quoique certains mettent plutôt en cause les services secrets russes)... Allez ! commentateurs de tous les pays, unissez-vous ! encore un effort pour vivre réellement l'étendue concrète de vos principes si impétueusement assénés! (blablabla ?).

Il y a aussi une autre contradiction assez curieuse à vrai dire en matière de donneurs de leçons approximatives à savoir la manière dont l'on s'en prend aux frasques sexuelles de Berlusconi alors que celui-ci applique, à la lettre, ce qui est exposé en long et en large dans toute la littérature contemporaine où l'exigence du nihilisme total (si l'on ne veut pas apparaître néo-réac (ou tea party façon Sarah Palin bien sûr) submerge les alcôves se croyant originales alors qu'elles nous ramènent au temps de Caligula et des rêveries de Sade.

Berlusconi (qui est bien plus impardonnable par sa soumission au dictateur libyen) est le miroir de tous ces Dorian Gray ou apprentis sorciers qui arpentent médias et colloques (vite vite vite Davos cette semaine...) : leurs meurtrières, au travers desquelles ils/elles en appellent à la décroissance du monde sa moralisation, tout en écrivant l'inverse (ou le contraire) dans leur petite prose prostrée (ppp) comme cartes sans territoire qui les propulsent tout de même, malgré toutes les calculettes anti-Co2, aux quatre coins de Gaïa pour parler en son nom, bien sûr.

Dans ce vide, de plus en plus sidéral, d'aucuns aspirent, faute d'inspiration, à être aspirés dans un revival des années 30, et pourquoi pas revivre 17 à défaut de 1792 et voilà Mélenchon admirant, dit-il, sur RMC, le Lénine dansant au son de la Marseillaise lui l'inventeur de la Tcheka alors que Mélenchon n'a, pour l'instant, que sa gouaille de diablotin pour salon chic qu'il vient de ravir à un Besancenot déboussolé.

Mélenchon prépare son duel contre Marine Le Pen le 14 février sur BFM/RMC afin de montrer qu'il serait le meilleur rempart contre "l'extrême droite" alors qu'il en est l'engrais : son discours haineux et victimaire veut attirer (sur la base d'éléments exacts : l'idéologie purificatrice a toujours des exemples, des plaies, à montrer) tous les damnés de la Terre ravis que le Paradis existe et qu'il s'appelle Assistance, surtout si l'on n'est pas français et de sa classe moyenne.

Mélanchon veut couper la tête des riches (original programme comme on le voit) alors que c'est le courant de pensée qui a fabriqué un tel sbire qui appauvrit le plus la France en lui imposant des règles qui profitent en premier aux parasites de l'Etat et à leurs alliés bénéficiant des marchés publics et des niches fiscales.

Il ne suffit pas de clamer comme il le fait que les principaux échanges se font en Europe ou entre la France et l'Allemagne ; les centaines de milliers de petites et moyennes entreprises qui croulent sous les charges (alors que l'Europe devrait lever le monopole de la Sécurité Sociale comme elle l'a fait pour l'assurance complémentaire) aimeraient une autre approche semble-t-il. Aussi certains de leurs membres préfèrent de plus en plus se détourner de ceux qui protègent idéalement l'icône "être humain" et pourfendent son image concrète si elle est "native"car celle-ci moins exotique rappelle trop le principe de réalité, que la vie n'est pas en permanence un long fleuve tranquille amenant vers le Pays de Cocagne promis depuis Babeuf. Ils s'apprêtent même à tourner le dos à Sarkozy, quitte à se pincer le nez avant de mettre le bulletin "Marine" dans les urnes. Mais rien n'est sûr. Ce ne sera pas en tout cas grâce à Mélenchon cet aboyeur.  Mais la faute à qui ? Plantu n'a pas toujours tort. Surtout sur ce point.

Des certitudes s'effritent avant de s'écrouler dans un éclat de rire général, ainsi il n'est plus dit que dans les pays dominés par l'idéologie arabo-islamique et soutenus par l'Occident il n'y aurait comme choix que la tyrannie ploutocratique ou la tyrannie théocratique. De même en Occident il est de moins en moins dit qu'il n'y aurait comme choix que l'étatisme affairiste et nihiliste ou l'étatisme épurateur et purificateur.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 23:09

st-trop-paques-20040045.jpgL'enlèvement de Gilad Shalit est un "crime de guerre", d'autant plus sordide et lâche que ce jeune soldat ne peut même pas être visité par les émissaires des divers services de secours, à la différence des prisonniers palestiniens dont la plupart ont du sang, innocent, sur les mains. Et le fait de molester, d'insulter, la ministre française des Affaires Etrangères comme vient de le faire les nervis du Hamas (femmes inclues) est très grave contrairement à ce qu'en dit la ministre qui décidément a ces temps-ci bien du mal à calibrer ses propos...

C'est même un casus belli qui aurait dû être immédiatement et fortement relevé par au moins le 1er Ministre car il n'est pas possible qu'un Ministre de la République française soit ainsi traitée ; surtout par des assassins y compris de leurs propres frères puisque nombre de membres du Fatah ont été massacrés avec la dernière sauvagerie lorsque le Hamas s'empara du pouvoir à Gaza il y a quelques années.

La ministre s'est pratiquement excusée, comme les juges français s'excusent en libérant à tour de bras les auteurs, en hausse, des "violences aux personnes", tant et si bien d'ailleurs que la chauffeuse de bus à Toulouse qui a connu ce drame insensé de voir son bus brûlé avec une personne en son sein a attenté à ses jours dernièrement tant elle s'est aperçue a -t-elle déclarée dernièrement sur RMC que le système en faisait bien plus pour les assassins que pour les victimes puisque les premiers bénéficiaient de remise de peine et de bourses de réinsertion tandis que les victimes, les traumatisées, comme elle, n'ont que leurs yeux pour pleurer.

Comment se fait-il que nous en soyons arrivés là ? Comment se fait-il que nos dits "dirigeants" ne voient pas qu'ils se font menés par le bout du nez avec en écho le même discours mensonger à Gaza et en France ? En Tunisie et en Irak. Heureusement que les Tunisiens n'ont pas cru au satisfecit français qui les incitait à adhérer au "benalisme" comme moindre mal et même "progrès" mais oui. Quant à l'Irak, il ne sert à rien de jubiler devant la nouvelle mise au pilori de Tony Blair : demandez aux Kurdes et aux Shiites par exemple à Bassorah ce qu'ils en pensent, vous serez étonnés... Le Quai est aveugle on le savait, mais à ce point. Idem pour les banlieues où la culture dite scissioniste est subventionnée afin que le "jeu" entre "normes dominantes" (le fait de ne pas se faire agresser parce que l'on est femme munie d'un smartphone) et "normes déviantes" (celles des outsiders de la marge salvatrice façon voyou de Genet que la dirigeante palestinienne Leila Chalid voulait saluer comme il se doit à Marseille) se déroule comme si de rien n'était. Où va-t-on ? Alors que l'Autorité Palestinienne exige désormais le chiffre du Hamas à savoir le transfert de 7 millions de Palestiniens en Israël même, avec Jérusalem en prime, alors qu'en 1947, lorsque la partition fut votée, Jérusalem en était exclu, partition que refusèrent ceux qui parlaient à l'époque en leur nom ! voilà une réalité oubliée et ce parce que certains d'entre-eux ne voulaient même pas qu'au sein de la partie Hébreu cela soit les juifs qui décident, ce qui est proprement risible si le sujet n'était pas aussi grave, aussi maquillé par le mensonge, tel celui d'un Hessel qui en plus ne se rend même pas compte que non seulement ledit départ des dits réfugiés palestiniens est sujet à caution, mais surtout parce qu'il omet d'indiquer que quelques années après ce sont des centaines de milliers de juifs, souvent là bien avant l'arrivée de l'invasion arabe qui durent partir, expulsés sans coup férir. La Ministre française des Affaires Etrangères devrait se rendre compte que la violence qu'elle a subie provient de cette occultation désormais enseignée pourtant dans les écoles de la République, fabriquant ainsi des milliers d'outsiders dont certains sont des admirateurs de...Ben Laden.

 Ben Laden...Que vient-il de dire ? La ritournelle classique d'un préposé au poste de Commandeur des Croyants. Que lui répondre ? Du, moins, hormis chercher à authentifier sa voix, et affirmer quelques principes ce qui est maigre. Question ardue bien sûr. Qui ne peut être traitée que sur le fond. En intégrant ce qui se passe au Pakistan, mais aussi en Algérie, en Arabie saoudite, en Egypte, à savoir une révolte en sourdine des peuples qui crèvent du joug des dictatures soutenues par l'Occident. Or, au lieu de croire que celles-ci n'existent essentiellement à cause du conflit judéo-arabe, l'Occident devrait cesser de fouler aux pieds les justes demandes de liberté de ces peuples en esclavage extensif, subissant ainsi une emprise bien pire qu'à l'époque de la colonisation. La France devrait appeler à une conférence pour le développement en Méditerranée basé sur le pluralisme des croyances et la démocratie des institutions afin de couper les racines d'un islam radical qu'elle est en train de faire prospérer en soutenant des tyrannies de plus en plus odieuses. Mais les dirigeants actuels français, en instance de "collapse", sont-ils capables de revenir de l'Au delà ? Rien n'est moins sûr tant la morgue, quoiqu'il en coûte, reste leur sarcophage.

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 14:02

st-trop-paques-20040050.jpgLundi 17 janvier dans "Ce soir ou jamais" il était question de "populisme" (donc...) de Marine Le Pen (un peu de Tunisie aussi : "évènement" ou "avènement" ?) et alors ? Eh bien  tous ces invités, pratiquement, (même Soral que j'ai connu au temps où il expliquait, sagement, les mouvements de mode aux parents), tous ces post-communistes (exceptés deux ou trois), tombèrent à bras raccourcis sur la méchante globalisation (à ne pas confondre avec la mondialisation bien sûr !) cataloguée cause principale (principe monopolistique) de ces bouleversements "populistes" divers d'une part, suscitant également l'atmosphère anti-musulmane, nouveaux parias d'autre part ; ce qui, combinés, disaient-ils, façonnent désormais ce "populisme" à dimension européenne, cette "régression", cette "sécession élite/peuple" au profil... "d'extrême droite" tout compte fait, diagnostic enfin lâché, même à la va vite et hop c'est si bon dit comme ça, le diable est bien identifié, tant pis si Marine n'est pas la sorcière adéquate elle en a de toute façon "banalement" le profil... Et n'y reconnaît-on pas, dans l'ombre, la patte de Sarkozy ?..

Comme si ces "médecins",malgré eux bien sûr, avides de remèdes appelés "post" (modernisme, capitalisme, identité) agitent "en dernière instance" l'étiquette maudite "extrême droite", extrême droite (et toutes les phobies qui l'accompagnent) farandole, ritournelle (deleuzienne) qui semble les étourdir eux-mêmes en réalité, comme s'ils n'avaient plus comme ultime référence de leur identité dissoute que les années 30 qui furent il est vrai le quart d'heure de gloire de leur doctrine qui sentait bon le prolétaire, l'ouvrier, le vrai, celui qui voyait rouge et donc votait bien. 

Ainsi, forts de ce point de repère qui surgit d'emblée comme cadre invisible des codes symboliques qui structurent la légitimité des significations -point de repère qui mériterait, lui, une critique réellement radicale tant le simplisme et l'oubli des exactions de la III ème Internationale règnent encore (en Allemagne, en Espagne, en France à l'époque), ces censeurs prenant ainsi ce point de repère comme balance ultime prétendent alors cataloguer "d'extrême droite" celles et ceux qui n'analysent pas de la même façon qu'eux la période actuelle ; avec un paradoxe de taille: ils accuseront sinon "d'extrême droite" du moins de "populiste" toute personne refusant de voir son identité modifiée sans son consentement, sauf que, lorsqu'une force théologicopolitique comme l'islam veut précisément ne pas changer d'identité et donc s'imposer tel quel, cette volonté sera seulement conçue comme une expression de "la diversité" et non pas comme précisément la réaction à l'état pur qui mériterait enfin et pleinement la qualification d'extrême droite ; l'islam est d'extrême droite, du moins dans sa version intégrale qui exclut ou infériorise tout ce qui n'est pas lui, Hitler l'avait reconnu et apprécié enviant cette capacité de créer du fanatique à l'infini.

Où l'on voit alors en quoi ces postcommunistes, par cette négation même qui saute pourtant aux yeux, s'approprient si nettement la posture différentialiste de l' époque coloniale où chacun se meut mais dans sa différence, et la présence acquiesçante à leur égard de Alain de Benoist, idéologue de la Nouvelle droite différentialiste n'était pas étonnant à observer; de même que son accord répété avec un Rancière qui se gargarisait sur le terme "populiste" tout en se gaussant des diatribes "anti-musulmanes" oubliant que le musulman reste un humain et point seulement un géniteur de la démographie française ou des bras pour métiers mal payés, ce qui implique que lorsqu'il vient il apporte avec lui ses codes et veut s'en servir pour mailler un espace qu'il veut faire sien comme tout être humain arrivant dans un endroit qui n'est pas encore son envers. Voilà ce que tous nos dits critiques ne comprennent pas. L'immigration, le musulman, passeraient presque inaperçus s'ils acceptaient de se fondre comme l'on fait les immigrations précédentes, (dirait Zemmour) sauf que les partisans de la non identité obligatoire les somment de ne pas le faire, de se préserver tels quels ; car eux seuls ont le droit de se maintenir dense et souverain, alors que l'indigène le sous-chien doit lui se fondre dans la soupe queer bruxelloise sous peine d'infamie "extrême droite extrême droite"; l'immigré c'est le voyou de Genet, le noir de Miller, le rédempteur prolétaire qui ont le droit eux d'être les maîtres préservant leur "substance", les féministes juges en sont folles les libérant à tour de bas, tandis que les autres, les franchouillards détestés par les Bergé, BHL etc doivent souverainement disparaître ou se dédoubler éventuellement en paire de différence, égales, réellement égales bien sûr.

Ainsi, au lieu de s'approprier aussi une souveraineté qui ne peut pas se dissoudre dans la seule tolérance ou l'implosion d'une consummation extatique nos caciques l'abandonnent au profit d'une condamnation sans aucune fin que leur propre extermination par ceux-là mêmes qu'ils portent au pinacle... Il ne faut pas alors s'étonner que certains refusent désormais cette immolation subie opérée par des Néron en perdition, et veulent sinon arrêter du moins tenter de désamorcer le processus d'auto-destruction. Comment ? En faisant émerger les bonnes indignations : qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Comment faire pour que la globalisation et la mondialisation ne se fassent pas à notre détriment ? Quelle mutation opérer, pour quelle France quelle Europe, quel monde ?

A cette émission on préférait plutôt attendre Godot.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 07:43

img041107-1214.jpgAinsi, contrairement à ce qu'a prétendu le conseiller du Président Sarkozy, Henri Guaino, le lundi 17 janvier 2011 sur RTL, il y avait beaucoup de choses à faire pour la France la semaine dernière, à commencer par ne pas confondre les responsabilités gouvernementales et parlementaires comme l'avait fait Axel Poniatowski en disant qu'il n'y avait pas de "leçons de morale" à donner alors qu'il sortait de son rôle de Président de la Commission des affaires étrangères du Parlement qui aurait été de soutenir toute mesure allant dans le sens de la démocratie parlementaire précisément ; ne parlons pas ensuite du ministre Bruno Lemaire qui lui est sorti de son devoir de réserve en soutenant explicitement Ben Ali ; et que dire de Frédéric Mitterand qui ne sait pas ce que le mot dictature veut dire ; enfin, la palme revient au ministre des Affaires Etrangères, Michèle Alliot-Marie, donnant des conseils de maintien de l'ordre à la tribune du Parlement. Au lieu de ces divers manques, et alors que Bruxelles et Washington, n'en déplaise à Guaino, étaient sinon à la hauteur des enjeux du moins de la sanglante répression, les dirigeants actuels au pouvoir en France ont au fond perpétué la politique de soutien aux dictatures qui fait le lit des mafias militaro-intégristes et de l'islam radical depuis des décennies. Rien d'étonnant à cela.

Les dirigeants français, (et cela ne date pas de l'équipe actuelle) ont partagé l'idée de certains "experts" avançant qu'il n'y aura pas de transformations dans les pays "arabes" tant que le problème israélo-palestinien ne sera pas réglé (tels les Pascal Boniface, Hubert Védrine et leurs amis de la campagne BDS -Boycott d'Israël qui viennent d'avoir le scalp de Vanessa Paradis). 

Or, aujourd'hui, les tunisiens en révolte (dont j'avais immédiatement repéré l'ampleur bien avant les "experts" de dernière heure) ont dévoilé le pot aux roses : leur misérable sort n'est pas dû au fait que leurs dirigeants transfèrent beaucoup de produits aux palestiniens pour leur permettre de survivre comme je l'ai personnellement entendu par exemple de la femme de Ben Ali en 2002 sur la chaîne radiophonique en langue française lors d'un séjour à Djerba: elle parlait de "sacrifices nécessaires" à faire pour soutenir l'effort du peuple palestinien.

Les Tunisiens, mais aussi les Algériens, Egyptiens, Jordaniens se rendent de plus en plus compte, surtout lorsqu'ils voient sur les chaînes arabophones le niveau de vie des arabes israéliens et même des palestiniens (aucun d'entre eux ne s'est immolé par le feu pour des raisons socio-économiques) que l'argent qui sert à s'offrir les grosses cylindrées, la vie festive et les villas cossues ne va pas aux "enfants palestiniens" comme il est prétendu, mais dans les poches de la mafia militaro-intégriste qui tient ces pays depuis des dizaines d'années avec le soutien occidental et wahhabite.

Voilà la réalité. Les dirigeants français et leurs relais intellectuels divers ont prétendu non seulement lier le sort des peuples nord africains et moyen orientaux au problème israélo-palestinien mais le conditionner à celui-ci alors que ce conflit est maintenu sous poumon politique artificiel par les dictatures militaro-mafieuses et leurs complices occidentaux et ce précisément pour empêcher qu'une paix raisonnable puisse écarter ce faux argument justifiant la misère de ces peuples par l'impossibilité de celle-ci qui, par ailleurs, serait uniquement due à Israël. Tout se tient.

Depuis des années et des années, et ce dans l'ambiance pérorante d'une commisération pédante, une partie de l'élite politico-médiatico-intellectuelle (du pret-à-penser) a cru bon expliquer le manque patent de démocratie réelle dans ces pays à la fois par le problème arabo-juif et à la fois par le fait que ces pays ne pouvaient pas "avoir une démocratie comme la nôtre" alors que la démocratie, tout comme l'électricité, est une technique d'organisation de la Cité dans un contexte culturel donné bien entendu qui fait par exemple que la France n'est pas l'Allemagne, etc. On ne voit pas au nom de quoi, sinon évidemment d'un relativisme postmoderne qui ne peut amener qu'au nihilisme affairiste, le système démocratique ne pourrait pas s'installer durablement dans cette région.

Il serait temps que l'on cesse de donner la parole à ces anciens soutiens des dictatures communistes (URSS, Cuba, Cambodge etc) ou khomeynistes, recyclés aujourd'hui en "experts géopolitiques" des processus démocratiques (sans rire) alors qu'ils n'y connaissent rien ou à peu près. Il est incroyable que d'authentiques experts de la démocratie tels par exemple MM Boudon, Baechler, Manent, ne soient jamais interrogés sur ce point, hormis et heureusement Chantal Delsol (dont le prochain livre fera certainement du bruit j'en parlerai d'ici peu).

Plusieurs algériens ont tenté de s'immoler par le feu. L'un d'entre-eux est mort. Espérons que ces sacrifices ne soient pas fait en vain et que l'on se rende compte en France que la situation socio-politique de ces pays a été voilée depuis des décennies par un déluge d'ignorance. Il est temps d"ouvrir les yeux et d'aider ces peuples à s'émanciper réellement au lieu d'échanger seulement avec eux de la pitié et de la condescendance ("la démocratie ne fait pas partie de leur culture". Ce qui est là le véritable racisme.

PS : sa traduction en anglais : http://www.brusselsjournal.com/node/4646

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