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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 20:10

one.jpgRevenons à nouveau sur ce débat symptomatique (organisé par le Nouvel Obs.fr) où l'on voit Badiou faire la leçon en ânonnant le Marx des " Luttes de classe en France " tandis que Finkielkraut, hagard,  essoufflé, recroquevillé dans un coin du ring attend le gong, arcbouté sur quelques petites critiques, et certitudes basiques ; il reçoit ainsi bien gentiment la leçon du nouveau seigneur léniniste, celle de cette confusion qu'opère Badiou à la suite de Marx entre affairisme et libéralisme, soif d'acquérir et capitalisme.

Pauvre Badiou qui croit en effet que l'injustice vient de là, du capital, et qu'il suffirait de le supprimer pour vivre son "hypothèse communiste", oubliant que la cruauté existe depuis la nuit des temps humains, certes toujours transformables, mais pas en son sens, pas dans ce désir de revenir au temps des races métaphysiques  où c'est bien pire puisque sans limites, bref, Lénine, Staline, Mao… Exagéré ? Que dit par exemple à Badiou la journaliste qui anime le débat ? Ceci (4/5) : "Vous avez souvent dit, Alain Badiou, que ce pouvoir devait être abattu par la rue plutôt que par les urnes". Que cherche Badiou en en appelant à la rue sinon le sang, la guerre ou la politique continuée par des moyens décisifs, où l'ennemi de mon ennemi est mon ami. (Pas besoin de lire Schmitt…). Il est clair là que Finkielkraut ne peut pas suivre, il n'a pas le jeu pour ça. Il gobe d'ailleurs sans bouger, affalé dans le canapé aux côtés du cannibale, fasciné d'être ainsi avalé comme réactionnaire, vichyste même, mais Finkielkraut, en grenouille plongée dans une telle eau irradiée, ne "veut pas s'énerver "(fin de la page 4), alors que Badiou n'a aucune légitimité, aucune.
Même lorsqu'il se réclame de "la résistance communiste" alors que c'est un mensonge éhonté, les cocos luttaient pour empêcher que les nazis n'aillent sur le front russe,
je l'ai déjà dit, et même lorsqu'il se réclame de la Commune, en réduisant le drapeau français à celui des Versaillais, ce qui est honteux, il préfère en réalité le drapeau rouge qui précisément ne cherche que la lutte à mort, le sang, non tempéré par le bleu (spirituel) et le blanc (la France éternelle), une France que Badiou prétend défendre en la trempant (la trompant) dans sa marmite communiste de faux chrétien (il a écrit sur St Paul) faux Panoramix puisqu'il prétend, seul, connaître la potion magique qui s'y concocte ; et même dit-il, il a analysé ce qui a échoué dans les recettes précédentes, parlant par exemple d'un vague "communisme étatiste" alors qu'il s'agissait  simplement d'un nouvel ordre avec une nouvelle classe celle de la race des révolutionnaires professionnels, nouvelle canaille qui profite de l'aubaine, fait un coup d'Etat en 17, reconstitue une élite encore plus terrible qu'Ivan et ses sbires.

Mais comment est-ce possible d'être fasciné par un tel bagout ? Badiou et son bagout sur l'impérialisme (lequel ? Celui de son ancien amour, la Chine ?) le bagout de Badiou dégouline de partout, salive du cannibale prétendant ne pas penser l'Un mais le Multiple alors que précisément l'un ne va pas sans l'autre soulignait déjà Platon dans son Parmenide : si le multiple ne se réfère plus qu'à lui-même il se saisit de fait comme Un, ce qui concrètement signifie éclatement des différences, chacune une, diff/errances à l'in(dé)fini (apeiron) des matrices se prétendant des stances de l'exi-stance sans aucune autre instance que l'instant, ce qui est pain béni dans ce tournis à la force qui  sait agréger ; ainsi, même lorsque Badiou traite les islamistes de fascistes on sent bien qu'il ne comprend rien à ce qui se passe à propos d'agrégation de concrétion (ou physique des fluides symboliques),  au fond il sera balayé par "eux "comme Danton l'a été, même s'il sauvera sans doute la tête de Finkielkraut avant de succomber parce qu'il faut bien faire l'ange aussi. Il ne comprend rien parce qu'il ne connaît rien à la politique, rien de rien, d'ailleurs cela se saurait, les communistes ont perdu non ? Et sans Roosevelt et la bêtise du palefrenier nommé Hitler l'URSS serait morte bien avant (le second) 89. Badiou est le compagnon de route de ce qui dévore toujours en premier ses propres enfants, sauf que Robespierre et St Just ce n'est pas lui, ni Lénine,  car il lui faudrait mouiller la chemise, monter non seulement sur des tonneaux, mais aussi des établis, sauf que l'on n'apprend pas cela à Ulm, ce vivier de serpents à sornettes, on ne sait plus qu'un groupe reconnu en tant que tel cherche à s'étendre, par exemple l'alterislamisme. Même s'il est minoritaire. Comme les Bolcheviks.

Certes, le Badiou nouveau prolifère, clones de plus en plus par centaines, parce qu'il profite de la faillite idéologique d'une gauche et d'une droite sociale-nationale qui n'ont de cesse d'empêcher la France de se mettre en mouvement en la lacérant de taxes censées servir les plus démunis alors qu'elles les ligotent, les rend misérables ; même un Clinton avait compris (avec les conseils de John Rawls) que l'Etat Providence avait failli parce qu'il avait créé une classe d'exclus hantant Harlem le Bronx les quartiers chauds de L.A alors qu'en incitant à individualiser les aides en accompagnant chacun à s'extirper de l'échec, aujourd'hui Harlem le Bronx L.A sont des endroits sans aucun autre envers sinon ceux habituels des failles humaines trop humaines.

Finkielkraut au fond vient de la littérature d'après Sartre, nausée du nouveau désordre amoureux, et de sa gueule de bois (racontée par le dernier livre de Pascal Bruckner son compagnon d'écriture bien plus lucide que lui)  ; Finkielkraut n'est pas un politique, c'est un rêveur (tout comme Badiou mais lui aimerait réaliser ses fantasmes comme le conseillait Deleuze) il a un peu lu Heidegger,  sa critique (réductrice) de la Technique, que Finkielkraut fait sienne (réductrice parce que la Technique ce n'est pas la mise à la raison mais la raison humaine elle-même qui ne se suffit cependant pas comme Descartes l'avait pourtant dit  -Principe 8- lui que l'on accuse de tous les maux).

Finkielkraut s'est certes affronté dans les années 90 au sous marxiste Bourdieu, et puis, tout d'un coup, dans les années 2000, il fait comme Debray : cherchant à restaurer plutôt qu'innover, failles qu'utilise évidemment Badiou avide d'avaler tout ce qui ne va pas dans le sens de son illusion, celle de croire que l'univers humain est aussi simple que celui décrit par le…bourgeois Marx qui lui n'a vu qu'un aspect celui du rapport de force alors que la force, même celle du profit, ne se réduit pas au rapport.

Badiou Besancenot même combat chimérique cherchant à éliminer la division en deux de la troisième Thèse sur Feuerbach ou le cercle carré à la recherche du couteau sans manche qui n'a pas de lame. L'âme. S'agît-il de vivre sans âme ? La vie est combat, mais c'est aussi un combat humain ce qui implique le pire et aussi le meilleur où comment dépasser toujours en permanence la logique par le sens de l'être ensemble qui est à la fois le même et l'autre, tout en sachant que l'autre n'est pas seulement un autre mais aussi mon autre, autrement dit, tout ordre se réorganise en permanence et n'avance qu'en utilisant des pièces distinctes quoique non séparées ; en politique cela se nomme les contre-pouvoirs ou la nécessité de perfectionner le régime démocratique afin que réellement le plus grand nombre en bénéficie malgré le péril, au sein duquel  d'ailleurs rien ne croît contrairement à la légende. Et Badiou ? Finkielkraut ? Peut-être est-il temps de tourner la page. 2010.

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Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Amour et paix
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commentaires

Thot 05/01/2010 14:48


@ Lucien S.A Oulahbib
C'est pour cela qu'il est invité : les journalistes se garderont bien d'inviter un Zemmour face à un fasciste de ce type : il pourrait riposter !
Comme lorsque sur arte, on invitait un jésuite universitaire de plus de 80 ans face à un Duquesne mentant comme un arracheur de dents et soutenu par la présentatrice. Se faisant sans cesse couper
la parole, le jésuite a fini par quitter le plateau, laissant la journaliste gérer un "débat" où il n'y avait plus qu'un seul interlocuteur.
Mais peu d'intellectuels humanistes possèdent les armes de la rhétorique, qui frôle souvent la mauvaise foi, ce qui est contraire à leur tradition intellectuelle.


simbad 03/01/2010 19:34


Il est extèmement interéssant de remarquer que votre critique de Badiou se résume à des invectives. A.B. est le seul, dans cet entretien à être dans le réel. Vous dites violence, la position des
puissants, parce qu'ils ont des fauteuils ne sont pas violents?


Lucien S.A Oulahbib 03/01/2010 20:08


La violence n'est pas seulement liée à la condition sociale historique, ne pas comprendre cela c'est encore véhiculer seulement l'idéalisme... et donc rester du côté de l'idéologie... comme A.B qui
n'a par ailleurs pas réellement fait le bilan du marxisme dévié par Lénine alors qu'il prétend le contraire.


Thot 31/12/2009 12:55


Je vous trouve un peu dur avec notre Finkielkraut national, un monument tellement il est unique et d'une espèce en voie de disparition. Certes, il s'agit d'un représentant de la plus pure tradition
académique universitaire française, celle où l'on s'en tient au sujet et où l'on ne coupe pas la parole de l'interlocuteur. Et face à une ra..lure qui passe son temps à faire des digressions à
coups de mensonges éhontés et de postulats gratuits, cela peut passer pour de la faiblesse. Mais à quoi bon démonter point par point les élucubrations d'un fasciste rouge ? Un mensonge prend une
phrase, le démonter prend un livre. Mieux vaut exposer calmement ses propres thèses en faisant comme si il n'y avait personne en face. Et souhaiter que quelques uns des auditeurs entendent le fond
plutôt que la forme, surtout quand ce fond a très peu d'occasions d'être exprimé.
Très bonne fin d'année et à l'année prochaine


Lucien S.A Oulahbib 03/01/2010 12:06


Il laisse peu de place à celles et ceux qui voudraient aussi porter une part du fardeau... ce qui est regrettable surtout lorsqu'il ne se plie pas à la loi de la joute qui est de rendre coup pour
coup et même plus : il n'est pas dans un cours ou à une conférence mais sur un ring médiatique...


Gad 31/12/2009 09:50


La vérité est que, même s'il en a pris l'habitude, puisqu'il est à chaque fois agressé de la sorte, poussé dans ses retranchements, comme en perpétuel devoir de se justifier, Alain Finkielkraut
n'est ni préparé ni n'a pris la mesure du défi du "terrorisme intellectuel", qui s'étend aujourd'hui à toute la crème médiatico-débatique. Les journalistes veulent du "tchik-tchak", du concis qui
frappe par son caractère lapidaire, intifadesque, presque. De l'appel à "l'insurrection" comme pour s'extirper de leurs fauteuils de salon et des convenances de la connivence. Du "branché". Les
militants professionnels sont rompus à ces exercices rhétoriques d'agression, de culpabilisation. Finkielkraut se voit sommé de se justifier qu'il n'est pas ce "mauvais juif collaborateur" du
"Vichysme" que Badiou placarde à l'envi pour dissoudre toute identité et tout respect de soi-même.
Badiou est devenu la nouvelle égérie, à la fois des tribuns du PS en plein Sedan-70, face aux questions essentielles du devenir d'une immigration travaillée par les Frères Musulmans. Il n'y a qu'à
écouter Montebourg ou Cambadélis, ancien d'SOS-roue de secours du Mitterandisme post-, mais vrai collabo, artisan d'un lepénisme sur mesure pour mieux discréditer tout ce qui, républicainement
parlant, tiendrait encore debout.

Ou encore, des nouvelles minorités d'insurrection BCBG, comme l'incendiaire Houria Bouteldja, tous voiles dehors, qui va tranquillement asséner à Finkielkraut qu'il est d'abord un sioniste
professionnel et qu'il fait son métier de lobbying, plutôt que d'énoncer un seul argument honnête qui se tienne.

Ce qui tue à petit feu Alain Finkielkraut, hormis la santé qu'il a perdu, suite aux manigances du Haaretz-Le Monde-Guardian, en faisant de lui le nouveau Le Pen Juif, le nouveau
"raciste-nationaliste" anti-banlieues, c'est surtout cette perte de toute probité sur les plateaux, où il n'y a plus de place pour la construction intellectuelle, l'élaboration qui prend le temps
de l'explication et du développement fondé. Mais où il faut cogner vite et fort, en soumettant le débat aux règles de l'embuscade de rue en bandes, du racket et de l'escroquerie.
Badiou est une icône à l'étoile faiblissante, mais une icône quand même, sur ses vieux jours, de la voyoucratie pseudo-intelligente qui truste les places dans le brouhaha de la flatterie démaggue
des casseurs, des incendiaires de drapeau et des pilleurs polygames d'allocations familiales. Badiou c'est la canaille daltonnienne de papy au coin du feu, dorloté par les infirmières de médecine
palliative de la rue d'Ulm, après la chute des statues de Lénine et du Mur de Berlin tout entier sur sa pauvre callebasse, à charge de revanche et courant en chaussons derrière les drapeaux verts,
parce qu'il confond Ben Laden et le jeune Karl communard.


Lucien S.A Oulahbib 31/12/2009 10:47


Bravo ! je n'aurai pas mieux dit !