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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 20:09

Copie-de-venise-20030026.jpgPreuve qu'Alain Juppé ne sera sans doute pas la planche de salut espérée, malgré un article dithyrambique d'Alain Duhamel sur son duo éditorial avec Michel Rocard ? Sa dernière déclaration sur la Libye :

 

 "Faut-il préparer une intervention militaire [en Libye] ? Nous ne le pensons pas dans le contexte actuel", a déclaré à l'Assemblée nationale le chef de la diplomatie française, Alain Juppé. "Il est probable qu'elle pourrait ressouder contre le nord de la Méditerranée les opinions publiques et les peuples arabes", a-t-il estimé. Les opposants de Kadhafi ont, eux voté en faveur de l'intervention. (L'Express, publié le 02/03/2011 à 19:30).

En quoi un bombardement ciblé pourrait "ressouder" assassins et peuples ? En foulant de leurs pieds ensanglantés les milliers et milliers de victimes désormais repérables également dans les chambres à tortures ? Ce serait un scoop, et c'est visiblement toujours ne rien comprendre à ce qui se passe là-bas... Alain Juppé se croit encore à l'époque des espérances totalitaires et du relativisme anti-démocratique triomphant. Même "là-bas" personne ne croit plus en nos post-communistes néodémocrates et post-laïques qui défendent encore ces idées. Alain Juppé devrait cesser de demander conseil à un Hubert Védrine dont la compétence s'arrête à ses vociférations contre les USA et Israël, ce qui n'est guère original, surtout dans la région ; heureusement que sur la question du bilan des années précédentes le silence se fissure, il suffirait d'ailleurs d'interroger des Kurdes et des chiites non inféodés en Irak pour s'en rendre compte, (Robert Ménard pourrait s'y atteler)

 De son côté Le Point observe : 

 

"À Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et fief du mouvement insurrectionnel, le Conseil national libyen (CNL) de trente membres mis en place dimanche a placé à sa tête l'ancien ministre de la Justice Moustafa Abdeldjeïl et a demandé aux Nations unies d'envoyer des avions "attaquer les bastions des mercenaires africains" que Kadhafi utiliserait contre son propre peuple. Le Conseil s'est toutefois déclaré opposé à une intervention de forces terrestres étrangères sur le sol libyen et s'est dit prêt à envoyer des hommes dans l'ouest pour contraindre Kadhafi à abandonner un pouvoir qu'il détient depuis 41 ans. Un porte-parole du CNL, Hafiz Ghoga, a également évoqué l'envoi de renforts à Kadhafi par le Niger, le Mali et le Kenya, et a aussi parlé du "rôle" de l'Algérie".

Il serait préférable d'acquiescer aux demandes des révoltés eux-mêmes...Kadhafi, lui, n'a pas ces états d'âmes...Et il semble particulièrement "indigné" sur les dernières vidéos...

Pendant ce temps, en France, le débat tourne autour des petites phrases à l'emporte-pièce de Marine Le Pen sur ladite nécessité de renvoyer au large les embarcations illégales d'immigrants libyens, ce qui va à l'encontre des lois d'entre-aide (non assistance à personne en danger), alors qu'il aurait mieux valu distinguer les deux problèmes : effets pervers des solidarités sociales incarnées par l'AME -aide médicale de l'Etat- et réfugiés, surtout lorsqu'ils viennent d'Etats soutenus par la France, ou plutôt son étatisme, ce qui a entravé leur développement... Tandis que les phrases de Fillon sur la laïcité reviennent purement et simplement à forcer les personnes nées musulmans à le rester, et donc de continuer à croire en des propos qui discriminent les femmes les juifs et les chrétiens ; mais qui ne tombent pas sous les coups de boutoir de la justice made in MRAP et SOS racisme parce que ces propos ont un vernis religieux ; passons ? Non : car expliquer que tous ceux qui prient dans les rues le font par manque de places est un mensonge aussi gros que celui de Stéphane Hessel lorsqu'il explique que les réfugiés palestiniens étaient " trois millions" en 1948 (p.8) alors que même leurs plus chauds partisans parlent eux plutôt de 730 000, sans oublier le fait que les Juifs ne voulaient pas de leur départ pas plus qu'ils ne voulaient partir d'Egypte, d'Irak, de Syrie, d'Algérie... Passons encore ?... Non plus. Bien au contraire...




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Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Amour et paix
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commentaires

AlexL 03/03/2011 22:59


Cher Monsieur,
Le propos de M. Juppé parait bien pusillanime et à côté de la plaque, en effet, mais ne faut-il pas tout simplement décoder ses motivations? Pourquoi le gouvernement français n'est-il en fait pas
favorable à une intervention militaire?
- d'abord par-ce que l'Europe n'en a pas les moyens, pas même pour participer, si cela doit être plus que très symboliquement
- Ensuite parce-que els USA eux-même n'en ont guère envie, déjà empêtrés dans deux guerres
- parce-que M. Juppé pense qu'un corps expéditionnaire pourrait éventuellement rallier des libyens à Kadhafi, dans un réflexe à la manière afghane d'hostilité à l'étranger,
- surtout parce-que si les foules arabes n'aiment pas trop saddam Hussein ou KAdhafi, elles haissent encore plus les occidentaux et n'avaient pas été si contentes de l'intervention pour renverser
Saddam - d'où les déclarations de la ligue arabe
- surtout parce-que l'Europe a peur de l'hostilité musulmane qu'une intervention en "terre d'islam" génère, présentée comme prétexte à du terrorisme, d'où le lâche sentiment espagnol au moment des
attentats : si nous n'y étions pas allés, nous n'aurions pas été attaqués...
- l'europe n'a pas vu venir la chute de Moubarak, mais elle voit la déstabilisation progressive des régimes, et souhaite un coup d'arrêt. Car après une révolution, ce sont les forces les plus
organisées qui prennent le pouvoir, c'est à dire : militaires ou religieux.. opposition et société civile ne sont en l'occurence pas assez organisées. Un nouveau régime en Arabie Saoudite sombrant
dans l'extrémisme religieux est, qu'un tel scénario soit crédible ou non, redouté par nos dirigeants!

Pourtant, comme vous le suggérez, une intervention uniquement aérienne serait encore possible, et moins "intrusive" si de tels concepts importent à nos dirigeants, elle pourrait même se limiter à
être défensive pour éviter les bombardements de ville révoltées.

Même comme cela, en version soft, un troisième front n'est pas très populaire! peut-être beaucoup se disent-ils : ne nous en mêlons pas.. ou : qu'ils s'entre-tuent..
Bien à vous,


Roland 03/03/2011 10:23


Bonjour,
Vos interventions sont éclairantes, et nos spécialistes du monde arabe n'ont rien vu des révoltes dans ces pays ce qui ne les empêchent pas de critiquer les responsables politiques. Pourtant ils se
proclamaient depuis des décennies des connaisseurs incontestés.
Par ailleurs rendre l'occident responsable de tout sans parler de la manière dont les responsables politiques des pays arabes détournent les milliards de dollars de la richesse de leurs pays est
incroyable.