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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 14:02

st-trop-paques-20040050.jpgLundi 17 janvier dans "Ce soir ou jamais" il était question de "populisme" (donc...) de Marine Le Pen (un peu de Tunisie aussi : "évènement" ou "avènement" ?) et alors ? Eh bien  tous ces invités, pratiquement, (même Soral que j'ai connu au temps où il expliquait, sagement, les mouvements de mode aux parents), tous ces post-communistes (exceptés deux ou trois), tombèrent à bras raccourcis sur la méchante globalisation (à ne pas confondre avec la mondialisation bien sûr !) cataloguée cause principale (principe monopolistique) de ces bouleversements "populistes" divers d'une part, suscitant également l'atmosphère anti-musulmane, nouveaux parias d'autre part ; ce qui, combinés, disaient-ils, façonnent désormais ce "populisme" à dimension européenne, cette "régression", cette "sécession élite/peuple" au profil... "d'extrême droite" tout compte fait, diagnostic enfin lâché, même à la va vite et hop c'est si bon dit comme ça, le diable est bien identifié, tant pis si Marine n'est pas la sorcière adéquate elle en a de toute façon "banalement" le profil... Et n'y reconnaît-on pas, dans l'ombre, la patte de Sarkozy ?..

Comme si ces "médecins",malgré eux bien sûr, avides de remèdes appelés "post" (modernisme, capitalisme, identité) agitent "en dernière instance" l'étiquette maudite "extrême droite", extrême droite (et toutes les phobies qui l'accompagnent) farandole, ritournelle (deleuzienne) qui semble les étourdir eux-mêmes en réalité, comme s'ils n'avaient plus comme ultime référence de leur identité dissoute que les années 30 qui furent il est vrai le quart d'heure de gloire de leur doctrine qui sentait bon le prolétaire, l'ouvrier, le vrai, celui qui voyait rouge et donc votait bien. 

Ainsi, forts de ce point de repère qui surgit d'emblée comme cadre invisible des codes symboliques qui structurent la légitimité des significations -point de repère qui mériterait, lui, une critique réellement radicale tant le simplisme et l'oubli des exactions de la III ème Internationale règnent encore (en Allemagne, en Espagne, en France à l'époque), ces censeurs prenant ainsi ce point de repère comme balance ultime prétendent alors cataloguer "d'extrême droite" celles et ceux qui n'analysent pas de la même façon qu'eux la période actuelle ; avec un paradoxe de taille: ils accuseront sinon "d'extrême droite" du moins de "populiste" toute personne refusant de voir son identité modifiée sans son consentement, sauf que, lorsqu'une force théologicopolitique comme l'islam veut précisément ne pas changer d'identité et donc s'imposer tel quel, cette volonté sera seulement conçue comme une expression de "la diversité" et non pas comme précisément la réaction à l'état pur qui mériterait enfin et pleinement la qualification d'extrême droite ; l'islam est d'extrême droite, du moins dans sa version intégrale qui exclut ou infériorise tout ce qui n'est pas lui, Hitler l'avait reconnu et apprécié enviant cette capacité de créer du fanatique à l'infini.

Où l'on voit alors en quoi ces postcommunistes, par cette négation même qui saute pourtant aux yeux, s'approprient si nettement la posture différentialiste de l' époque coloniale où chacun se meut mais dans sa différence, et la présence acquiesçante à leur égard de Alain de Benoist, idéologue de la Nouvelle droite différentialiste n'était pas étonnant à observer; de même que son accord répété avec un Rancière qui se gargarisait sur le terme "populiste" tout en se gaussant des diatribes "anti-musulmanes" oubliant que le musulman reste un humain et point seulement un géniteur de la démographie française ou des bras pour métiers mal payés, ce qui implique que lorsqu'il vient il apporte avec lui ses codes et veut s'en servir pour mailler un espace qu'il veut faire sien comme tout être humain arrivant dans un endroit qui n'est pas encore son envers. Voilà ce que tous nos dits critiques ne comprennent pas. L'immigration, le musulman, passeraient presque inaperçus s'ils acceptaient de se fondre comme l'on fait les immigrations précédentes, (dirait Zemmour) sauf que les partisans de la non identité obligatoire les somment de ne pas le faire, de se préserver tels quels ; car eux seuls ont le droit de se maintenir dense et souverain, alors que l'indigène le sous-chien doit lui se fondre dans la soupe queer bruxelloise sous peine d'infamie "extrême droite extrême droite"; l'immigré c'est le voyou de Genet, le noir de Miller, le rédempteur prolétaire qui ont le droit eux d'être les maîtres préservant leur "substance", les féministes juges en sont folles les libérant à tour de bas, tandis que les autres, les franchouillards détestés par les Bergé, BHL etc doivent souverainement disparaître ou se dédoubler éventuellement en paire de différence, égales, réellement égales bien sûr.

Ainsi, au lieu de s'approprier aussi une souveraineté qui ne peut pas se dissoudre dans la seule tolérance ou l'implosion d'une consummation extatique nos caciques l'abandonnent au profit d'une condamnation sans aucune fin que leur propre extermination par ceux-là mêmes qu'ils portent au pinacle... Il ne faut pas alors s'étonner que certains refusent désormais cette immolation subie opérée par des Néron en perdition, et veulent sinon arrêter du moins tenter de désamorcer le processus d'auto-destruction. Comment ? En faisant émerger les bonnes indignations : qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Comment faire pour que la globalisation et la mondialisation ne se fassent pas à notre détriment ? Quelle mutation opérer, pour quelle France quelle Europe, quel monde ?

A cette émission on préférait plutôt attendre Godot.

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Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Amour et paix
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