Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Archives

7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 09:49


C'est une question qui ne peut pas être écartée d'un revers de main si l'on croit en la force d'un droit international basé sur les valeurs fondamentales d'égalité devant la loi et de lutte contre cette injustice que représente le crime. Aussi peut-on répondre oui de ce point de vue là des principes. Mais, s'agissant de l'étude du cas précis pour étudier s'il entre ou non dans l'horizon de cette nécessité, il faut avoir aussi en mémoire plusieurs autres paramètres : c'est une situation de guerre, l'évènement sur le terrain a été intense,

"Leon E. Panetta, the C. I. A. director, said the Seal commandos went into the mission with only a 60 percent to 80 percent certainty that Bin Ladenwas in the compound. Mr. Panetta said the commandos made the ‘‘ split-second decision’’ to shoot him — the unarmed Qaeda founder had a rifle within reach, a U. S. official said Wednesday — when they found him in his third-floor bedroom.
There was no debate among former Seal members that whoever had shot Bin Laden had done the right thing.
‘‘ It’s dark; there’s been a lot of bullets flying around, a lot of bodies dropping; your mission is to capture or kill Bin Laden; who knowswhat he’s got tucked in his shirt?’’ said Don Shipley, 49, a former Sealmemberwho runs Extreme Seal Experience, a private training school inChesapeake, Virginia
".

il semblerait donc que Ben Laden ait eu un fusil à portée de main ("had a rifle within reach") et d'autres sources disent qu'une femme s'était interposée et a été blessée à la jambe. Dans ce cas la mort de Ben Laden ne peut être seulement lue à la lumière du principe. Il y a bel et bien interférence de la situation qui ne peut être écartée d'un revers de main sous peine de recourir à une théorie du complot. On peut certes rétorquer que le commando d'élite -élite de l'élite- (dont l'entraînement est décrit dans le même article du Herald cité plus haut) a perdu son sang froid bien qu'il soit indiqué plus haut que cela tirait dans tous les sens et que le tireur aurait pu tirer aussi dans les jambes. Admettons le manque de sang froid pour quelqu'un d'ultra-entraîné. Sauf que nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Car imaginons un instant que Ben Laden soit ramené sain et sauf. Déjà, il ne peut pas être enfermé dans une geôle de la CPI à La Haye puisque non seulement la Cour n'est pas compétente pour tout crime précédent sa création (1er juillet 2002), ensuite les USA n'ont pas ratifié qu'ils reconnaissent toute la compétence de cette Cour, (sauf s'il s'agit d'un tribunal spécial comme pour l'ex Yougoslavie : TPIY), mais aussi comme les crimes ont eu lieu tout d'abord aux USA, et comme ce sont les USA qui ont été en action, Ben Laden pouvait aussi être jugé là-bas avec cependant la possibilité d'être relaxé faute de preuves tangibles directes. Par ailleurs, sa présence vivante aurait déclenché une pression telle que nombre de prises d'otages et d'attentats n'auraient eu comme seul but que de le délivrer.

Ce dernier argument ne tient pas évidemment pas juridiquement rétorqueront les mêmes ; sauf qu'il n'est pas indiqué non plus juridiquement qu'en état de guerre le soldat en situation doit veiller d'abord à neutraliser l'ennemi sans chercher à le tuer ; c'est qu'il ne faut pas confondre situation criminelle avec tir de sommation et situation de guerre, hormis crime de guerre qui ne concernent que les civils, or Ben Laden n'était pas un "civil". Evidemment, il possible d'argumenter ici, sauf qu'il peut être légalement accusé de "terrorisme" ce qui tombe sous le coup d'une juridiction renforcée qui rend plus loisible une intervention de type militaire.

Idéalement donc, Ben Laden aurait dû être pris vivant et porté à la connaissance de la CPI, du moins en admettant une rétroactivité pour les crimes contre l'Humanité. Sauf qu'il n'existe pas de police internationale, donc le pays le plus concerné a tout le loisir de se plier ou pas à cet idéal, voilà en réalité le problème. Car s'il y avait une police internationale, Al Kaïda ne pourrait pas parler aujourd'hui de "représailles" (ce qui est un comble d'ailleurs)puisqu'elle aurait en face d'elle le monde entier. Or, il ne suffit pas de rétorquer que les USA et Israël ne veulent pas, puisque ni la Chine ni la Russie ne reconnaissent la Cour. C'est d'ailleurs plutôt là le problème puisque ce sont également la Chine et la Russie qui empêchent de condamner la Syrie, et font la fine bouche concernant la Libye. En tout cas, tant qu'il n'y aura pas un profond remaniement de l'ONU avec raffermissement des valeurs démocratiques pour critères d'entrée, la police internationale n'existera pas. Car c'est de cela qu'il s'agit et non pas de l'existence d'un hypothétique (et dangereux) gouvernement mondial.

Partager cet article

Repost 0
Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Alliance des civilisations
commenter cet article

commentaires