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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 11:21

st-trop-paques-20040045.jpgConstater le décès ne suffit pas, il faut également examiner le cadavre avant de tenter quelques hypothèses sur les causes de cette mort de toute façon terminale.

Commençons par feu la "gauche" avec l'analyse de deux écoulements de bile noire ou logorrhées idéologiques : l'un consacré à l'installation envisagée de la Maison de l'Histoire de France aux Archives Nationales (bientôt déménagée à Pierrefitte Sur Seine) l'autre au "débat" sur les retraites.

Concernant les Archives, telle ne fut pas ma stupéfaction (ha ! ha !) d'entendre sur France Info le samedi 25 septembre au matin, un syndicaliste très politique, un idéologue en réalité (pudiquement appelé ailleurs militant des nouveaux nouveaux mouvements sociaux par une autre f(r)ange de la sociologie post marxiste : il n'y a pas que Mucchielli ou Geisser, hélas...ou comment se faire payer par la Collectivité des recherches en vue de combattre le Système : cool !) ce syndicaliste donc apostrophait des membres supposés de cette Maison à venir en disant qu'ils n'étaient pas les bienvenus (le gouvernement aurait dû engager des étrangers pour ne pas se faire ainsi vilipender...) qu'il n'y avait aucun intérêt à une telle Maison, que ce projet sentait mauvais, le mythe de la France éternelle, ce qu'il fallait combattre à tout prix visiblement ; le tout emmêlé à une diatribe contre le pouvoir et sa politique...
Autrement dit, aujourd'hui, prononcer "France" devient un gros mot ; on le savait, puisque déjà au temps de la supposée "Sociale" (la dite "Commune") le drapeau bleu blanc rouge était considéré comme étant devenu celui des "Versaillais", seuls les drapeaux noirs et/ou rouges avaient la côte ; aujourd'hui avec le renouveau du syndicalisme anarcho-communiste, tout ce qui peut rappeler le fait que la France n'est pas un hall de gare ou une cave de banlieue ou l'on baise le pays réel est banni (et qui en redemande dans certaines f(r)anges: baise-moi ! tabasse-moi ! et on dira que ce n'est pas ta faute, vive la soumission de toute façon ou le sadomasochisme en politique (merci Deleuze et Foucault !), l'islam en religion etc.

Voilà donc ce que propose cette feu gauche que l'on pouvait considérer comme "extrême" s'il n'y avait pas le soutien de la gauche chic façon Benoît Hamon ou pétéradante façon Mélanchon. Les gauches radicales et chic ont toujours donné le là en France du moins depuis les années 60, à Cannes au bord de la piscine de papa travaillant au Nouvel Ob's ou au Monde, copain de Godard bien sûr au temps duMépris, aujourd'hui au ministère de la Culture et à la tête du Conservatoire du Palais de Versailles ; mais c'est une autre histoire que Fabius ne connaît pas visiblement puisqu'il vient de se fendre d'un livre encensant la peinture classique et moderne, il va se faire sûrement taper sur les doigts d'autant que l'expo sur Monnet cartonne ! ce qui va déplaire bien sûr à ces gauches radicales et chics qui taxent donc d'extrême droite toute personne cherchant à comprendre de quoi est mort la classe politique française, ils lui donnent même de temps en temps un coup de pied dans le buffet (froid) en chantant du rap, bien rappé, déguisé en black bloc.

Le second écoulement de bile noire concerne les retraites où il n'est pas ici bien entendu question de rentrer dans les méandres des points et des annuités et de considérer que toute critique de la capitalisation (même Claude Goasguen s'y met ! aux Grandes Gueules de RMC) n'est pertinente que sur un calcul long de 25 ans, mais on n'entrera pas dedans pour le moment (ou alors d'un tea party), sauf pour souligner seulement que la gauche veut faire miroiter qu'il serait possible de rattraper par ce biais les erreurs individuelles de formation et de trajectoire : on efface tout et on vous pensionne à vie aux frais de la "Finance" nouveau diable aux pincette d'or que l'on voit passer évidemment ici et là en Rolls ; cette gauche aimerait la réquisitionner, faisant fi de cette fine analyse qu'avait un jour avancé Françoise Sagan : il y a deux gauches, l'une qui veut que tout le monde marche à pied (ou en vélo...) l'autre qui veut que tout le monde roule en Rolls, je fais partie de cette seconde gauche disait-elle en s'en remettant une couche dans le nez (Delarue n'a rien inventé bien sûr), en tout cas la gauche en remet une couche espérant par là faire passer tout son projet néocommuniste que même les Suédois ont quitté sur la pointe des pieds. Alors qu'il n'est pas contradictoire de penser à une retraite individualisée qui n'oublie pas les moins chanceux via un fonds commun de solidarité défalqué des impôts etc,mais passons à l'autopsie de la droite, les Verts viennent de se suicider dans Europe Ecologie, qui n'est rien d'autre que le projet rouge peint en vert, moins le nucléaire il est vrai.

La droite donc. Elle est aussi étatiste que la gauche, d'où son désir fou de sauver la protection sociale les retraites, même s'il s'agit de scier la branche sur laquelle la croissance française est assise puisque tout l'argent emprunté pour les renflouer manquera aux investisseurs et aux ménages voulant entreprendre et consommer ou du moins freinera leur "propension" comme disent les économistes : vous raréfiez le marché monétaire par les dettes, les taux montent nécessairement qu'ils soient longs et courts ; la catastrophe ne s'annonce pas lorsque les longs montent moins vite que les courts, mais quand ils montent aussi vite... En tout cas, les répits actuels ne sauveront pas le fait que la saturation des marchés classiques, les pays émergents etc, ont définitivement entraîné les pays développés dans une croissance molle sinon nulle ; la droite néocolbertiste a encore le vent en poupe parce qu'elle a fait croire qu'elle a sauvé le pays de la faillite ce qui est faux, pour preuve le fait que les banques ont rendu très vite l'argent qu'on leur a obligé d'emprunter. Mais la droite post gaulliste tient la communication, se sert du discours de gauche sur l'Etat providence pour se maintenir au pouvoir, et use des classiques ruses du machiavelisme, teinté de schmittisme (ami/ennemi) pour aveugler une population qui semble-t-il s'est fait avoir en 2007, mais a bien compris qu'il ne suffit pas de jeter des paillettes "roms" pour regagner les fameux "territoires perdus de la République". D'où l'hallali à deux ans, même Juppé se propose ou l'hyper étatisme, ne parlons pas de Coppé qui n'ajouterait rien à ce qui se fait déjà en social-étatisme, oublions le nouveau centre qui semble séduire les derniers libéraux sans collier alors qu'il n'a rien d'autre à proposer que ce qui se fait déjà sous Fillon en matière d'austérité floue et d'usine à gaz pour des réformettes de lois impossibles à appliquer.

Il reste Bayrou qui reste l'inconnu (plus que Royale en tout cas), mais qu'une candidature DSK assécherait immédiatement, d'autant qu'en matière multiculturaliste il n'innove en rien sur la gauche, bien au contraire, du moins la gauche qui reste laïque (les "laïcards" se plaisent à dire les mondialistes/libéraux).

Quant à la droite dite "nationale", elle a redressé la tête (Villiers ayant été marginalisé par les néocolbertistes), c'est incontestable, et peut même se payer le luxe de proposer deux variantes avec Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, ce qui n'est pas tout à fait blanc bonnet et bonnet blanc tant le second représente tout de même la vieille rengaine maurrassienne relooké nouvelle droite différentialiste, schmittienne (de Benoist par exemple) c'est-à-dire assez semblable au fond à l'islam des Frères Musulmans, du genre tout est la faute des autres (oublions les foucades de l'aristocratisme dévoyé d'un Louis XV) ou alors tout est la faute des bourgeois (oublions la formule mieux vaut Hitler que le Front populaire) ; Sarrasin en Allemagne fait la même chose en s'enferrant dans un génétisme supposé (mais qui reste faux) des différences civilisationnelles, ce qui ne fait que donner des armes à une élite gauche/droite techno-mondialiste qui se croit moderne parce qu'elle foule encore la moquette des médias à la mode le teint hâlé et la silhouette svelte alors qu'elle est devenue de la matière à Wii c'est-à-dire de l'ingrédient pour un Laurent Géra et autre Cantelout, en attendant l'effondrement qui s'annonce de la tendance longue en politique (50 ans). Quant à Marine Le Pen, hormis sa proposition de revenir au Franc et donc de quitter l'Europe, on voit mal ce qui la différencie du social-étatisme puisqu'elle tient le même discours que lui en matière de maux dus pour l'essentiel à la mondialisation et à l'immigration ce qui est court parce que la crise profonde qui secoue le monde développé depuis la fin des années 60 et la parenthèse des années 80 (une parenthèse à méditer tant le reagano-thatcherisme n'avait pas que des défauts...) ne se résout aux mesures défensives qu'elle propose. C'est tout de même son courant qui, depuis 1934, a échoué devant le communisme et le social-étatisme, parce qu'il n'a pas encore pris la mesure de l'effondrement français depuis Louis XV (qui a abandonné les Indes et l'Amérique) la chute de Napoléon 1er vendeur de la Louisiane. Le Royaume Uni a su être à hauteur de jeu. C'est lui qui nous a sauvé en 1940 en réalité. 

 Et maintenant ?

La mort de la classe politique ne signifie pas qu'elle ne puisse pas encore créer l'illusion, car ce ce que nous voyons est semblable à ces étoiles mortes depuis longtemps mais dont l'image nous parvient encore. Sauf que l'Histoire a aussi horreur du vide et que nécessairement la tectonique des plaques symboliques va constituer autre chose comme nous le voyons émerger aux USA et dans divers pays : non pas une réaction ultra conservatrice comme se plaisent à dire nos morts-vivants, mais un sursaut (surge)des peuples, ces âmes en attente parfois de leurs nouveaux corps : il est vrai cependant que beaucoup de peuples ont rendu l'âme... Mais tout n'est pas perdu pour la France, bien au contraire, du moins si elle sait se ressaisir puisque le monde a de plus en plus besoin de valeurs communes pour affiner la puissance plutôt que seulement l'imposer, où la souplesse de roseau que peut avoir le chêne qui ne s' abat que s'il ne sert plus à rien. Est-ce le cas ? wait and see...

 

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Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Amour et paix
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