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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 09:55
Minimiser au sens de maximiser les chances par un minimum de risques (minimax). Comment ? En laissant venir. En prenant au mot les forces hégémoniques des deux régimes dans leur désir de coupler indépendance et fierté nationales avec la possession nucléaire. En levant donc toutes les sanctions. En normalisant les relations avec ces deux pays. Mais, en même temps, il s’agira de fonder plus solidement le caractère universel des liens entre liberté démocratie et paix alors que pour l’instant il ne s’agit que de conventions dénoncées, entre autres, par ceux-là mêmes qui veulent imposer les leurs.

Comment rendre plus solides de tels liens  et ce de telle sorte que la normalisation proposée avec les deux pays cités soit réellement productive de liberté de démocratie et de paix ? De deux façons : Premièrement, il s’agira par exemple d’inciter des États comme les USA le Japon et la France à reconnaître la Corée du Nord qui est membre de plein droit au sein de l’ONU ; notons d’ailleurs que d’autres dictatures y sont aussi de plein droit, et même dirigent ou ont dirigé des commissions comme celle des… droits de l’Homme (ex : la Libye). Mais il s’agira aussi de  suspendre toute aide, y compris alimentaire, du moins officielle (non ONG), en considérant que puisque la Corée du Nord exige que l’on respecte son indépendance eh bien il n’y a aucune raison de la traiter en nation assistée. Le problème dans ce cas n’est pas tant de créer le chaos que de se servir de celui-ci comme levier d’Archimède à même de poser au centre du débat la question morphologique des critères du développement humain qui peuvent être fondés en "dur" au même titre que l’électricité ou l’aéronautique. Ce qui mène au deuxièmement : il s’agit dans le même temps de conditionner les transferts de technologies, les aides au développement, etc., à leur adéquation à ces critères morphologiques renforçant la liberté la démocratie et la paix. Dans le détail, il sera question de l’établissement de critères similaires à ceux de Copenhague (régissant comme on le sait l’adhésion à l’U.E) qui puissent réglementer à vrai dire toutes transactions commerciales, tout échange international. Ainsi, s’agissant du commerce, le danger mis souvent en avant consiste à vendre des biens à haute technologie susceptible de renforcer l’arsenal militaire des dictatures : sauf que rien n’empêche à ce que ces biens soient soumis à des restrictions dictées par ces critères morphologiques, ce qui évite d’ailleurs l’idée de l’embargo en général et donc empêche que certains pays s’en servent pour expliquer à peu de frais leur manque de développement.

Le débat s’orientera alors nécessairement pour ces pays soucieux d’acquérir des technologies sensibles vers deux solutions : soit dénoncer ces restrictions, mais avec un manque certain d’arguments puisque les critères morphologiques, validées par exemple par l’Assemblée Générale de l’ONU (ce qui suppose bien sûr tout un futur travail d’élaboration en son sein), sont là pour protéger, légitimer et à la fin justifier tout refus ; soit accepter la mise en accord avec les critères morphologiques de liberté de démocratie et de paix (C.M.L.D.P), ce qui amoindrira à terme les risques puisque cela forcera nécessairement ces régimes à commencer à se transformer comme on le voit tout de même quelque peu aujourd’hui avec la Russie et la Chine, même si cela reste insuffisant, du fait même d’ailleurs du manque de débat mondial sur la question de ces critères morphologiques.

En tout cas et on le voit la situation actuelle est bloquée concernant l’Iran et la Corée du Nord, alors que pourtant sont avancés sans cesse les termes de dialogue et de multilatéralisme, or, la question est déjà biaisée dès le départ puisque ces termes sont considérés comme purement conventionnels, y compris par ceux qui les mettent en avant ; i.e ils sont donc peu contraignants intrinsèquement, ce qui laisse la latitude de les contourner, tout en jouant sur les peurs et les rapports de force ; y compris pour les dialoguistes et autres multilatéralistes.
A contrario l’approche morphologique permet, elle, de mettre réellement toutes les chances de son côté puisque d’une part elle ne parle pas de tendre la main, elle la tend réellement en acceptant les revendications de l’autre partie, tout en lui faisant comprendre cependant que si celle-ci lâche cette main tendue elle tombera dans le précipice qu’elle aura en réalité elle-même creusé. Ainsi, concernant le cas iranien, si celui-ci -alors que ses principales demandes auraient été acceptées- persiste en réalité à modifier agressivement les conditions géopolitiques du Moyen Orient, il va de soi que la main tendue se transformera en poing de plus en plus poignant au fur et à mesure. Car à l’impossible nul n’est tenu.
Retenons in fine que l’approche morphologique permet de combiner réalisme et ouverture sur l’avenir alors que pour le moment nous n’avons ni l’un ni l’autre.

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Published by Lucien S.A Oulahbib - dans Alliance des civilisations
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